L’église Abuna Yemata Guh

Abuna Yemata
La montagne de Guh cache l'église d'Abuna Yemata

La montagne de Guh cache l’église d’Abuna Yemata

Abuna Yemata Guh peut devenir votre pire cauchemar. Cette église troglodyte éthiopienne se cache à plus de 200 mètres, entre deux formations rocheuses. Jusque là ça paraît simple, c’est ce que je pensais également. Mais les 50 mètres d’escalade à mains et pieds nus, sans corde, m’ont vite fait déchanter. Les prises pour y accéder sont directement creusées dans la roche sablonneuse. Un ordre pour monter et descendre est à respecter. Tout est calculé, l’emplacement du pied droit, de la main gauche etc. On suit les instructions afin de se hisser à l’église et accessoirement pour rester en vie. Une erreur et vous vous retrouvez à devoir faire des sauts de cabri dans le vide pour pouvoir retomber sur la bonne prise avec le bon pied, ce qui fut mon cas.

Après 20 minutes de jambes tromblotantes, la terre promise. La vue est au rendez-vous, le vide également. Les Éthiopiens grimpent avec une telle aisance que s’en est presque fantasmagorique. Il faut dire que certains effectuent le trajet jusqu’à plus de 10 fois par jour et le tout sous le soleil de plomb. Heureusement la pente à escalader est à l’ombre, mais la chaleur règne.

Dernier passage

Dernier passage

Un dernier passage périlleux en longeant la falaise et l’église s’offre enfin à nous. Elle daterait du 6ème siècle avec l’arrivé de Yemata, un des neuf saints syriens arrivé dans le Tigré. Les fresques sont plus récentes et remontent au 15ème siècle. Elles sont pour la plupart parfaitement préservées. Au plafond les deux dômes représentent les douze apôtres ainsi que huit saints syriens. Le neuvième, Yemata, est représenté à cheval sur l’un des murs.

Le prêtre présent ce jour là est très jeune, âgé d’une vingtaine d’année. L’église regroupe plusieurs prêtres qui se relaient. Chacun porte une grande étole blanche qui lui couvre les épaules, parfois la tête et également une croix en bois sculpté. Cette croix, chaque visiteur orthodoxe vient l’embrasser après avoir préalablement fait de même avec les murs d’entrée de l’église.

Fresque des apôtres

Fresque des apôtres

A l’abris, au cœur de l’église, on profite de la fraîcheur des murs. La découverte de ses fresques nous transporte. Un dernier tour du lieu pour admirer tout ces détails. Mon regard se pose sur la porte, l’entrée d’Abuna Yemata. Le soleil est encore haut, le paysage magnifique. Je prend rapidement conscience que je ne vois que du vide. Et l’idée de refaire le chemin dans l’autre sens ne m’enchante guère. Mais la légende dit que quiconque a foulé le sol de l’église d’Abuna Yemata est protégé et peut redescendre sans crainte du danger.

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